S. Freud Névrose & Psychose

@Margot Ferrafiat-Sebban Psychanalyste- Paris-Saint-cloud

En 1924 dans le petit article intitulé « Névrose et Psychose »[1], fort de ses dernières théorisations de l’appareil psychique, Sigmund Freud nous livre un point notable de différenciation entre la névrose et la psychose, le père de la psychanalyse écrit : « La névrose serait le résultat d’un conflit entre  le moi et son ça, la psychose, elle, l’issue analogue d’un trouble équivalent dans les relations entre le moi et le monde extérieur.[2]»  Dans ce même article Freud poursuit cette idée  en partant  des confusions hallucinatoires aigues décrites par  Meynert , lesquelles non seulement accentuent ce point relevé par Freud d’une désagrégation du rapport au monde pour un sujet, hallucinations venant de plus mettre en évidence que ce qui est refusé de la perception du monde extérieur se traduit d’un retrait de signification de celui-ci à l’intérieur du moi. Et par conséquent ce manque de signification du monde intérieur engendre alors la création d’une nouvelle réalité tant extérieure qu’intérieure, cette rupture le ça en est le bâtisseur visant de telle sort un motif, celui d’une réalité refusée au désir nous dit Freud, un refus devenu intolérable. Ainsi la psychose serait le résultat d’un refus qui est double : refus de la signification et refus du désir, venant procéder en un clivage entre le monde interne et la réalité extérieure, sachant que pour Freud le monde intérieur du sujet est une copie de la réalité perçue. Ainsi la création d’une néo réalité serait alors une tentative de rééquilibrage entre un monde intérieur qui ne veut plus rien dire et dont l’investissement se voit être retiré et une réalité qui elle aussi est désinvestie s’étant refusée au désir.  Freud de cette façon reprend l’idée déjà développée en 1911 dans le cas du président Schreber, d’un délire comme tentative de guérison, d’une « folie » tel le rapiècement d’une déchirure entre le moi et monde intérieur ordonnant une faille, un trou que vient recouvrir le délire là où le fantasme dans la névrose habille la béance laissée par la castration.


[1] S. Freud : Névrose et psychose 1924 in Névrose, psychose et perversion, (1894-1924), traduction sous la direction de Jean Laplanche,  éditions les PUF 2008, p. 283

[2] Ibid

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